• Marie

Le burn-out ça n’arrive qu’aux autres… ou pas

Mis à jour : 31 juil. 2019

Un jour ou l'autre, la roue se brise.


Lors de mes recherches concernant la prévention du burn-out j’ai commencé à interviewer des entrepreneurs ayant craqué. J’ai déjà rencontré une constante qui est que la gravité des symptômes de burn-out rencontrés chez les entrepreneurs est très élevée. On y retrouvera des AVC, des anévrismes, crises et autres attaques cérébrales et cardiaques. Souvent chez cette catégorie de personnes, c’est le corps qui lâche, avant la tête. Jusqu’à aujourd’hui je n’ai rencontré qu’un seul cas d’arrêt pour fatigue psychologique ou de dépression avérée. Les indépendants et entrepreneurs ne veulent pas se le permettre, ou n’osent pas. Par peur de ce que pourraient penser les autres, par peur de paraître faible. Un indépendant ou entrepreneur aura du mal à se l’avouer et surtout n’ira jamais demander de l’aide pour cela. Il préférera attendre l’ultime « barrière », l’ultime chute pour s’arrêter.


En effet, en tant qu’entrepreneur il s’avère particulièrement difficile de s’avouer que si on avait pris un peu de recul, nous aurions, tous autant que nous sommes, pu voir les signes. Moi la première. Mais non, le Burn-Out ça ne pouvait pas m’arriver à moi.

Quand les gens me demandaient si je pensais aux risques, au burnout, je leur rétorquais : « Non, le burn-out c’est pour les autres, pour les personnes qui travaillent sans but, pour celles qui sont surchargés et ne comprennent pas pourquoi. »


En effet, j’étais fondamentalement persuadée que la rupture professionnelle ne pouvait toucher que des personnes qui se fatiguaient à exécuter des tâches qui les pesaient, sans savoir pourquoi elles faisaient ça. Moi j’avais mon entreprise, une partie de mon travail me passionnait, l’autre partie je la faisais parce que, si je voulais que mon entreprise tourne, fallait bien le faire. Mais c’était pour un but, celui de faire évoluer la société, celui de faire avancer mes employés, de payer les salaires. J’avais un but, moi. En plus mon travail était passionnant, il me permettait d’avoir une vie sociale très active, passant d’évènements de networking à d’autres soirées associatives où ma présence était requise, voire même appréciée. Je n’avais pas remarqué que je courrais dans une roue de hamster avec devant les yeux toujours le même film, celui de ma vie « professionnelle ».



Mais, si j’avais pris le temps de faire attention aux signes et le temps de m’écouter, j’aurais vu ou, à tout le moins, senti que je vivais avec un mal de tête constant. J’aurais dû remarquer que je passais ma vie à avaler un anti-douleur après l’autre. J’aurais dû savoir que les difficultés que j’avais à me lever le matin étaient clairement liées à un mal-être beaucoup plus profond qu’une simple fatigue. Si j’avais pris le temps, j’aurais peut-être entendu et compris mes ami(e)s qui me disaient… « Fais attention ». Si j’avais été objective, j’aurais dû comprendre que ce mal-être, cette impression de ne pas être à la hauteur, cette urgence de prouver que j’étais la meilleure, étaient les signes d’une « rupture » annoncée.


Maintenant, en regardant autour de moi, en interrogeant des entrepreneurs qui ont, eux aussi, vu la machine s’enrailler, je me rends compte que tous, sans exceptions, avaient des symptômes similaires comme des maux de tête, une fatigue lancinante, une perte de confiance en soi, une mauvaise gestion des émotions. Le souci c’est que quand tu es dans ta roue, tu ne t’en rends pas compte, jusqu’au jour où cette dernière se casse.

Alors, aujourd’hui j’en fais mon but, mon message à transmettre au monde entier. Faites attention, les ruptures peuvent arriver à tout le monde, que l’on soit simple travailleur ou entrepreneur, que l’on soit cadre ou employé. Le burn-out, les autres incidents physiques n’arrivent pas qu’aux autres… tout simplement. Et plus on ignore les symptômes, plus on refuse d’y faire face, plus la rupture sera forte.


Astuce du jour : Faites un bilan de votre consommation de substances chimiques. Que cela soit médicaments, alcool, fumée ou tout autre substance. Est-elle forte ? Si oui, pourquoi consommez vous ces dernières. Quand vous avez pris la dernière fois une pilule contre le mal de tête, pour dormir ou pour vous détendre simplement. Étais-ce exceptionnel. Écrivez tout cela dans un journal et posez vous la question de savoir si vous en avez réellement besoin ou si c’est une béquille ? Prochainement je vous écrirais sur les différentes aides qui se proposent à nous, à vous, et comment les trouver et surtout, comment oser demander et dire que l’on a besoin d’être aidé.

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